Chili: les Haïtiens et les Vénézuéliens devront désormais avoir un visa d’entrée

Le Chili va rendre obligatoires les visas d’entrée son territoire pour les Haïtiens et les Vénézuéliens. Le président de droite, Sebastian Piñera, l’a annoncé lundi 9 avril 2018, face à l’immigration inédite que connaît le Chili depuis environ quatre ans, en provenance de différents pays d’Amérique latine et des Caraïbes.

Avec notre correspondante à Santiago,Justine Fontaine

L’an dernier, 170 000 Vénézuéliens et 100 000 Haïtiens se sont installés au Chili, à cause de la crise économique et politique qui frappe ces deux pays. Soit le double par rapport à 2016. S’ils ont choisi ce pays, c’est pour son haut niveau de développement, mais aussi parce qu’aucun visa ne leur est exigé avant d’y entrer.

Ces migrations, en particulier celle venue d’Haïti, sont mal vue par une partie de l’électorat de la droite chilienne, comme l’a bien compris Sebastián Piñera, dont le gouvernement souhaite désormais contrôler les arrivées.

« J’ai pleinement conscience du fait qu’il existe au Chili une inquiétude croissante et justifiée concernant la manière dont se déroule actuellement le processus migratoire. Le moment est venu de mettre de l’ordre dans ce foyer que nous partageons », a déclaré lundi le président.

Pour cela, le gouvernement va présenter une nouvelle loi migratoire, pour remplacer le texte actuel. Et en attendant, Santiago exigera dès la semaine prochaine un visa préalable, pour plusieurs nationalités, à commencer par Haïti.

« Il a été décidé d’exiger un visa consulaire de tourisme, permettant l’entrée et le séjour au Chili pour une période de trente jours, à tout citoyen haïtien qui n’a pas pour but l’immigration ou le développement d’activités rémunérées dans le pays », relate le chef de l’Etat.

Les Vénézuéliens devront eux aussi demander un visa, mais ils auront accès à un permis de résidence d’un an, avec lequel ils pourront travailler.

rfi

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