Wari ouvre son capital… aux risques et périls des investisseurs éventuels

Wari souhaiterait procéder à une ouverture de son capital à des investisseurs institutionnels (banques et assurances), projet que la BCEAO semble encourager et accompagner.

Le groupe d’assurances Askia a déjà manifesté son intérêt, si l’on se réfère à sa lettre d’intention du 19 mars 2018 dont Yerimpost a obtenu une copie ci-jointe. Askia ignore sûrement les problèmes que cache la belle enseigne de la société de transfert d’argent.

Les coactionnaires, membres fondateurs de Wari, ont déposé une plainte contre le PDG, Kabirou Mbodje, actionnaire majoritaire de Wari SA, pour abus de bien sociaux, rétention de documents sociaux, augmentation illégale de capital (les 4 coactionnaires détenaient plus de 40% du capital avant l’augmentation litigieuse).

Cette plainte, qui remonte à décembre 2014, et qui a fait l’objet d’une enquête en bonne et due forme au niveau de la DIC, a été transmise au juge du deuxième cabinet, en septembre 2015.

En juin 2017, Kabirou Mbodje a été entendu puis inculpé par le juge du 2e cabinet, Yakham Léye. Et, depuis, le dossier reste bloqué dans les murs du juge du 2e cabinet, et n’est toujours pas jugé.

C’est dans ce contexte litigieux que Kabirou Mbodje s’emploie à ouvrir le capital de Wari.

Alors que l’inculpation porte entre autres sur une augmentation illégale de capital, il y a un risque évident sur tout projet d’ouverture de capital. Les coactionnaires, faut-il le rappeler, détenaient plus de 40% du capital de Wari avant l’augmentation litigieuse.

Il n’y a en soi aucun problème à vouloir ouvrir le capital de Wari. Est-il pour autant prudent pour un investisseur d’acquérir un capital dont la propriété est susceptible d’être remise en cause à l’issue d’une affaire pendante en justice ? Quiconque acquiert la moindre action de cette société le fait à… ses risques et périls.

Dans un contexte où un sérieux litige porte sur la géographie du capital, la BCEAO garante des dispositifs prudentiels, ne devrait-elle pas recommander une temporisation, le temps d’évacuer le dossier judiciaire en cours ?

Le groupe ASKIA Assurances semble déjà intéressé, si l’on se base sur leur lettre datée du 19 mars 2018 publiée sur warileak.com, (https://image.ibb.co/kMgZQd/m17_1.jpg), et peut-être bien d’autres institutions.

Mais pour la sauvegarde des intérêts de ces potentiels investisseurs, n’est-il pas plus sage et responsable d’attendre l’issue du jugement qui oppose les actionnaires fondateurs de Wari ?

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