
Certes, nous ne l’avons pas bien connue car lorsque son mari quittait le pouvoir, nous étions des gamins. Mais les témoignages de ceux qui l’ont vue à l’œuvre sont unanimes et élogieux. Colette Senghor, qui vient de nous quitter, avait de la tenue et surtout de la retenue.
Elle était d’une grande élégance physique et morale. Personnellement,nous retenons d’elle quelques faits saillants qui en disent long sur sa personnalité. Jusqu’au bout, elle a veillé sur le vieux Président et a protégé jusqu’au bout son intimité.
On ne se souvient pas d’avoir vu cette dame, qui a tutoyé les cimes, s’épancher dans les médias. Lorsque l’illustre fils de Basile Diogoye a rejoint le royaume des ancêtres, elle l’a élégamment rendu aux siens et l’a accompagné jusqu’à Bel-Air où elle va désormais reposer à ses côtés et ceux de son fils unique Philippe, foudroyé à la fleur de l’âge par un cruel accident de la route.
Surtout, lors des obsèques de Senghor qu’elle a gérées avec une grande dignité, elle avait montré qu’elle avait un caractère trempé. Elle avait opposé une fin de non-recevoir et affiché un souverain mépris à l’égard de ceux qui avaient trahi son mari.
Dont certains avaient été parmi ses courtisans les plus obséquieux et qui, toute honte bue, voulaient se rendre à Verson pour lui présenter des condoléances .Une épouse comme celle-là, de nos jours, ne court assurément pas les rues. Les Romains, dans leur antique sagesse, disaient que « la femme de César doit être irréprochable». Mission accomplie, Madame Senghor!





![Liban: les pénuries d’essence continuent et entraînent des files d’attente monstres Malgré les promesses du gouvernement, la fin progressive des subventions qui maintenaient le sans plomb et le diesel à un prix huit fois inférieur au marché n’a pour l’instant pas l’effet escompté. Les files d’attente devant les stations continuent, et beaucoup de pompes restent fermées ce mercredi 30 juin. PUBLICITÉ Avec notre correspondant à Beyrouth, Noé Pignède En plein centre-ville de Beyrouth, une file d’attente de plusieurs kilomètres s'est formée pour faire le plein. Les Libanais excédés désespèrent d’avoir de l’essence. « Les stations-services ont du pétrole mais elles l'ont gardé ces derniers jours parce qu'elles attendaient l'annonce officielle qui disait que le prix de l'essence allait augmenter progressivement chaque jour, explique Yara, qui se bat depuis trois heures pour ne pas perdre sa place dans la file d'attente. Ils ont augmenté aujourd'hui de 50%. Évidemment si je me mets à leur place et que je suis fourbe, je me dis : "Qu'est ce que je m'en fiche du peuple ? Pourquoi ne pas me faire 50% en 24h ? Je garde, qu'il crèvent, qu'ils n'aient pas d'essence, ils reviendront comme des petits chiens à attendre et mendier !"... Et ça ce n'est que le début ! » Ce n'est que le début, car dans trois mois, avec l’arrêt des subventions, un plein d’essence devrait coûter 600 000 livres libanaises, soit 80% du salaire minimum mensuel. Petite corruption En plus de l’augmentation des prix, les Libanais font toujours face à de grosses limitations du nombre de litres par voiture : tout est rationné. Mais pour cela, Yara, qui doit faire plusieurs centaines de kilomètres aujourd’hui pour son travail, a trouvé la parade. « Ce que je vais faire, et c'est horrible, je vais le supplier [le pompiste, NDR] de me remplir deux fois la limite en lui glissant quelque chose sous la manche, sous la table... Si vous croyez que je suis la seule... Je déteste ça dans ce pays, mais voilà ce que je suis devenue », déplore la jeune femme. Une petite corruption à laquelle se livrent désormais tous ceux qui en ont les moyens. Pour les autres, se déplacer va devenir un luxe, dans un pays quasiment dépourvu de transports publics.](https://actuvision.com/wp-content/uploads/2021/06/liban-218x150.jpg)






