
Au Sénégal, le reniement n’est pas un fait nouveau sur la scène politique. Mais, il s’est banalisé ces derniers temps, suscitant émoi au niveau de l’opinion. C’est un coup porté à la volonté populaire et à la démocratie participative. Tribune
D’Idrissa Seck à Bamba Fall, en passant par Modou Diagne Fada, Sada Ndiaye, Serigne Mbacké Ndiaye, Moussa Sy, Abdoulaye Baldé, Aïssata Tall Sall…., les revirements les plus spectaculaires de l’histoire politique du pays se sont opérés ces derniers années. Idrissa Seck qui passait pour l’un des plus farouches opposant à Macky Sall, finira par tourner casaque. Le même déclarait qu’un décret ne le nommerait plus et promettait de supprimer le Conseil économique social et environnemental, qu’il a finalement accepté de diriger. Irréductible opposant à Macky, jusqu’à sa neutralisation, Idrissa Seck a été depuis, politiquement relégué.
Moussa Sy, Aïssata Tall Sall, Banda Diop, Modou Diagne Fada, Sada Ndiaye, Ousmane Ngom, Abdoulaye Baldé, Serigne Mbacké Ndiaye ont rejoint Macky Sall, mais sans être suivis par la base pour ceux d’entre eux qui l’ont. Idem pour Farba Senghor et Pape Samba Mboup. Dans le landerneau politique, des ennemis d’hier peuvent devenir des alliés d’aujourd’hui selon les intérêts du moment.
La même méthode de récupération et de recyclage de ses opposants qu’utilisait Me Abdoulaye Wade et qui ne lui a pas servi à grand-chose, est en train d’être expérimentée par le Président Macky Sall, qui a pourtant, dans son Apr et son Benno, des gens compétents qui n’ont jamais été nommés à un poste.
Si le Sénégal, qui a des institutions fortes, veut atteindre un bon niveau de démocratie, il lui faut des hommes et des femmes de convictions fortes.
Tribune



![Liban: les pénuries d’essence continuent et entraînent des files d’attente monstres Malgré les promesses du gouvernement, la fin progressive des subventions qui maintenaient le sans plomb et le diesel à un prix huit fois inférieur au marché n’a pour l’instant pas l’effet escompté. Les files d’attente devant les stations continuent, et beaucoup de pompes restent fermées ce mercredi 30 juin. PUBLICITÉ Avec notre correspondant à Beyrouth, Noé Pignède En plein centre-ville de Beyrouth, une file d’attente de plusieurs kilomètres s'est formée pour faire le plein. Les Libanais excédés désespèrent d’avoir de l’essence. « Les stations-services ont du pétrole mais elles l'ont gardé ces derniers jours parce qu'elles attendaient l'annonce officielle qui disait que le prix de l'essence allait augmenter progressivement chaque jour, explique Yara, qui se bat depuis trois heures pour ne pas perdre sa place dans la file d'attente. Ils ont augmenté aujourd'hui de 50%. Évidemment si je me mets à leur place et que je suis fourbe, je me dis : "Qu'est ce que je m'en fiche du peuple ? Pourquoi ne pas me faire 50% en 24h ? Je garde, qu'il crèvent, qu'ils n'aient pas d'essence, ils reviendront comme des petits chiens à attendre et mendier !"... Et ça ce n'est que le début ! » Ce n'est que le début, car dans trois mois, avec l’arrêt des subventions, un plein d’essence devrait coûter 600 000 livres libanaises, soit 80% du salaire minimum mensuel. Petite corruption En plus de l’augmentation des prix, les Libanais font toujours face à de grosses limitations du nombre de litres par voiture : tout est rationné. Mais pour cela, Yara, qui doit faire plusieurs centaines de kilomètres aujourd’hui pour son travail, a trouvé la parade. « Ce que je vais faire, et c'est horrible, je vais le supplier [le pompiste, NDR] de me remplir deux fois la limite en lui glissant quelque chose sous la manche, sous la table... Si vous croyez que je suis la seule... Je déteste ça dans ce pays, mais voilà ce que je suis devenue », déplore la jeune femme. Une petite corruption à laquelle se livrent désormais tous ceux qui en ont les moyens. Pour les autres, se déplacer va devenir un luxe, dans un pays quasiment dépourvu de transports publics.](https://actuvision.com/wp-content/uploads/2021/06/liban-100x70.jpg)








