Indonésie: le ministre à la Sécurité victime d’une attaque jihadiste

L’un des hommes les plus puissants d’Indonésie, le ministre à la Sécurité Wiranto a été victime ce jeudi 10 octobre d’une attaque au couteau lors d’un déplacement dans l’ouest de l’île de Java.

Wiranto a été grièvement blessé au moment de sa sortie d’un véhicule après une visite dans une université à Pandeglang, à l’ouest de l’île de Java dans la province de Banten. Les assaillants, un homme de 31 ans et une femme de 21 ans habillée d’un niqab sombre couvrant son visage, ont réussi à s’approcher du ministre. L’homme a frappé Wiranto avec un couteau, la femme s’est, quant a elle, battue avec la police, selon les témoins et une vidéo amateur tournée sur les lieux et largement diffusée sur les réseaux sociaux.

Selon le chef des services de renseignement, les auteurs de l’attaque sont des membres d’une organisation liée au groupe État islamique. Les attaquants ont été précipités sur le sol par des policiers après l’attaque, selon des images diffusés par les chaînes de télévision.

Le président Joko Widodo a demandé aux Indonésiens de « lutter ensemble contre le radicalisme et le terrorisme ». Et de fait, d’après les services de renseignement, le couple qui était marié appartenait au Jamaah Ansharut Daulah (JAD), un groupe qui avait prêté allégeance à l’organisation État islamique.

Une semaine avant l’investiture du président Widodo

Ce mouvement extrémiste islamiste est responsable de plusieurs attaques armées et attentats-suicide à Jakarta notamment.

En mai 2018, les terroristes ont pris pour cible plusieurs églises à Surabaya, la deuxième plus grande ville du pays, faisant une vingtaine de victimes. Le ministre Wiranto, 72 ans a été transféré par hélicoptère dans un hôpital militaire de la capitale, ses jours ne seraient pas en danger.

L’attaque intervient une semaine avant l’investiture du président Joko Widodo, réélu en avril dernier pour un second mandant.

Wiranto, ancien commandant en chef de l’armée, a commencé sa carrière militaire sous l’ex-dictateur Suharto et est devenu une figure omniprésente dans la politique indonésienne, enchaînant plusieurs portefeuilles ministériels clés. Candidat malheureux à deux reprises à l’élection présidentielle, il est accusé par les organisations de défense des droits humains de crimes contre l’humanité dans les massacres qui ont suivi le référendum d’indépendance du Timor oriental en 1999, mais n’a jamais été jugé.

rfi