Le Sénégal face à la fermeture des lieux de culte un mois après

Au Sénégal, on mise aussi sur Dieu pour vaincre le coronavirus, malgré la fermeture de la plupart des lieux de culte depuis le 20 mars, les dignitaires musulmans et chrétiens invitent les fidèles à la prière et à la lecture quotidienne des textes sacrés.

Dans un pays où l’écrasante majorité de la population se déclare croyante, les paroles de Moustapha Sow font écho à beaucoup d’autres. « La tradition africaine considère que tout ce qui se passe dans le monde a une origine divine. L’épidémie sonne donc comme une sanction due aux dogmes non respectés », analyse le sociologue Djibril Diakhaté, pour qui le remède serait alors de revoir les comportements individuels et de se mettre sur la voie de Dieu. Alors que le mois de Ramadan souvent perçu comme étant le mois des prêcheurs et conférenciers, cette année avec l’interdiction des rassemblements plusieurs évènements seront annulés.

La spiritualité comme cure contre le coronavirus ? C’est ce que préconisent les autorités religieuses, figures importantes de la société sénégalaise. Pourtant, un mois avant le ramadan, le président Macky Sall avait interdit tout rassemblement public. Pour contrer le virus, des lectures quotidiennes du Coran sont également organisées par la communauté tidjane, la première du pays. Selon Abou Aziz Diop, descendant de la famille de Tivaouane, l’un des pôles de la Tidjaniyya, « les recommandations prophétiques privilégient d’abord la prévention, mais les prières et les aumônes peuvent aussi conjurer un mauvais sort ».

L’arrêté du gouverneur de la capitale sénégalaise, fermant toutes les mosquées de la région à compter du 20 mars, n’est pourtant pas du goût de tous. Si c’était porte close à la grande mosquée de Dakar et dans la plupart des lieux de culte, une petite résistance s’est opérée à Massalikoul Djinane, où des fidèles mourides ont été dispersés par la police et le comité de gestion du site. A la mosquée layenne de Yoff, l’imam, qui avait bravé l’interdit de rassemblement, a provoqué une confrontation entre forces de l’ordre et disciples s’opposant à son arrestation.

En attendant l’unité nationale, la psychose gagne du terrain. Si certains misent sur les invocations divines, d’autres comptent sur les traditions ancestrales, n’empêche les prières vont à l’endroit des malades et de la fin de cette pandémie avant la fin du Ramadan.

Pape Moussa Seydi (stagiaire)