Les Etats-Unis face à une poussée « préoccupante » du coronavirus

Si dans certains premiers foyers de l’épidémie, comme New York, la situation s’est améliorée, des Etats du sud connaissent une hausse inquiétante, comme au Texas qui a appelé chacun à rester chez soi.

Les autorités sanitaires américaines se sont inquiétées mardi 23 juin d’une poussée « préoccupante » aux Etats-Unis de l’épidémie de Covid-19. « Les deux prochaines semaines seront critiques » pour répondre à ces poussées « préoccupantes », a mis en garde le docteur Anthony Fauci, immunologiste en chef de la Maison Blanche, devant une commission de la Chambre des représentants.

« Il n’a jamais été demandé à aucun d’entre nous de ralentir le dépistage, c’est un fait. D’ailleurs nous allons augmenter le dépistage », a encore souligné M. Fauci lors de cette audition. A ses côtés, Robert Redfield, le directeur des Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC), le ministre adjoint de la santé Brett Giroir et le patron de l’agence des médicaments (FDA), Stephen Hahn, ont confirmé que Donald Trump ne leur avait pas demandé de ralentir le dépistage.

Le président des Etats-Unis a provoqué une profonde controverse en déclarant samedi, lors d’un meeting à Tulsa, avoir recommandé à ses responsables sanitaires de ralentir le rythme du dépistage, car en faisant plus de tests, « on trouve plus de cas ». La Maison Blanche a ensuite expliqué qu’il plaisantait, mais le milliardaire républicain a réitéré ses propos mardi matin : « Je ne plaisante pas (…) En ayant plus de tests, on trouve plus de cas », a-t-il souligné.

Les Etats-Unis ont compté près de 800 nouveaux décès dus au coronavirus dans les dernières vingt-quatre heures, et plus de 32 000 cas ont été diagnostiqués au cours de la même période, selon les données de l’université Johns-Hopkins, qui fait référence. Mardi soir, les Etats-Unis comptaient 121 176 décès dus au Covid-19 pour 2 342 739 de cas diagnostiqués. Dans certains premiers foyers de l’épidémie, comme New York, la situation s’est améliorée, mais plusieurs Etats du sud et de l’ouest du pays enregistrent une flambée du nombre de cas positifs.

Le Texas, qui a commencé son déconfinement au début de mai, a notamment enregistré mardi 5 000 nouvelles infections – un record depuis le début de la pandémie – poussant son gouverneur républicain, Greg Abbott, à appeler ses concitoyens à rester chez eux. Le nombre d’hospitalisations a doublé au cours du dernier mois et les hôpitaux craignent d’être submergés.

Contrairement aux sous-entendus de Donald Trump, le docteur Fauci a déclaré que cette augmentation venait surtout de « la contagion » entre habitants. « Et c’est quelque chose qui m’inquiète vraiment », a-t-il confié. Sans citer directement le meeting de Tulsa, M. Fauci a répété : « Vous ne devriez pas vous rassembler dans des foules. »

Son rival démocrate pour la présidentielle du 3 novembre, Joe Biden, dénonce avec virulence sa gestion de la pandémie. « C’est très simple : si nous voulons sauver des emplois et des vies, nous avons besoin de plus de dépistage, et nous en avons besoin plus rapidement. Le président le ralentit intentionnellement », a-t-il tweeté mardi.

Augmentation du nombre de cas, baisse du nombre de morts
Près de la moitié des 50 Etats américains ont connu une augmentation du nombre de cas au cours des deux dernières semaines. Cela explique pourquoi le nombre de cas diagnostiqués sur vingt-quatre heures ne baisse pas depuis un mois, à l’inverse de celui des morts.

Le bilan de la pandémie due au coronavirus aux Etats-Unis pourrait dépasser 150 000 morts, a par ailleurs estimé lundi le docteur Fauci tout en déclarant que « 2 à 4 millions de vies » auraient été perdues si le pays n’avait pas pris de mesures pour ralentir la propagation du virus.

Auteur : Le Monde