Malaise dans la police : Le DGPN confirme Atlanticactu et ravive le souvenir de Anna Semou Faye

Malaise dans la police : Le DGPN confirme Atlanticactu et ravive le souvenir de Anna Semou Faye

La Muette police est devenue en l’espace de quarante-huit heures une véritable caisse de résonance. Pour cause, l’article publié par Atlanticactu sur la grogne soulevée par l’Arrêté ministériel en date du 18 août 2020 portant inscription et promotion des membres de la police nationale dans le corps des agents de police, au titre de l’année 2020. Cette affaire même si elle trouve un début de solution avec la mise en place d’une commission, révèle combien les policiers sont nostalgiques de l’Inspectrice Générale de la police et ancienne DGPN, Anna Sémou Faye.

Pourquoi ce soudain regain d’amour vis-à-vis de l’actuelle ambassadrice du Sénégal en Guinée ? Une affaire portant sur les avancements automatiques des fonctionnaires de police qui a fini par soulever l’ire des agents des 33, 34, 35, 36ème promotions de l’École Nationale de Police. Bizarrement, ces agents qui devraient étrenner leur grade de brigadier ont été « oubliés » au profit de leurs camarades de la 37ème promotion. Pour cette année, la majorité des probables récipiendaires ont eu la surprise de se voir recaler au bénéfice d’agents plus jeunes. Une situation qui sème déjà le désordre, selon nos sources.

À peine l’Arrêté du ministre pris et publié, les agents « oubliés » ont rué dans les brancards , menaçant même de saisir la Chambre Administrative de la Cour Suprême pour faire annuler cet Arrêté jugé cynique et inique. Car, pour les sources de Atlanticactu, « Comment on peut promouvoir au grade de brigadier des Agents de police que nous avons eu à former à leur sortie de l’école et dans les services », s’est interrogé l’un de nos interlocuteurs.

Le DGPN Ousmane Sy toutes sirènes hurlantes, va au charbon pour essayer d’éteindre le feu en instaurant rapidement une commission pour limiter les dégâts et restaurer les perdants dans leurs droits.

Avec les menaces d’une plainte contre leur hiérarchie et une correspondance adressée au chef de l’état, les agents de police auront réussi à créer un mini séisme à la Place Washington. En effet, par ces temps qui courent, le sabre « présidentiel » est vite tombé, d’où la rapidité de la double communication du DGPN dont les services mettent des jours pour répondre aux questions des journalistes.

Selon un journal de la place , la Direction générale de la Police nationale a annoncé des solutions en faveur des agents de police des 33e, 34e, 35e et 36e promotions qui ont vu leurs cadets de la 37e les dépasser de grade. Une réparation du préjudice sera faite pour tous les agents concernés. D’après ledit journal, pour les quatre promotions qui ont brandi des menaces, une solution sera trouvée et pour la 37e promotion, ils vont garder leurs grades avec un échelon.

Une véritable gymnastique est entreprise par la hiérarchie policière pour sortir rapidement du guêpier, déjà que la plupart des agents continuent de broyer du noir après le « traitement » reçu après plus de 8 semaines d’état d’urgence assorti du couvre-feu entre mars et juillet dernier.

D’ailleurs, renseignent les sources du journal, « Le ministre a donné des instructions fermes, dans ce sens, pour que, dans les plus brefs délais, nous puissions porter le grade de brigadier avec deux échelons. Ceci nous permettra d’avancer d’un grade par rapport à la 37e promo. Voilà ce qui a été décidé à ce stade. Nous restons à l’écoute par rapport à l’applicabilité ».

La hiérarchie de la police nationale, sur ordre du ministre de l’Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye, a promis que cette décision sera applicable au plus tard dans une semaine. Les mêmes sources interrogées par le journal indiquent qu’après le travail des experts, le dossier sera transmis au ministre de l’Intérieur qui va le déposer, à son tour, entre les mains de ses collègues en charge du Budget et des Finances.

« Une bombe désamorcée suivie d’un plan de sortie de crise », ont ravivé le souvenir de Anna Sémou Faye. Sous son magistère, il est impensable que pareil cas de figure se produise , selon Moussa Thiaw, Brigadier/Chef à la retraite

« Badiène » , comme l’appelaient affectueusement les policiers, continue de marque les esprits de la Place Washington siège du ministère de l’intérieur. Nommée directrice générale de la police nationale sénégalaise le 25 juillet 2013, Anna Semou Faye n’aura pas chômé pour mettre la main à la pâte et redorer le blason de la profession minée par la corruption et une affaire de trafic de drogue. Jusqu’à son départ de la tête de la police en octobre 2015, la « dame de fer » a posé des jalons qui restent gravés et à ce jour, d’aucuns pensent que l’actuelle ambassadrice Extraordinaire et Plénipotentiaire du Sénégal en Guinée et Sierra Leone a posé des actes qui resteront dans la postérité.

Pour de nombreux policiers, cette situation ne pose que pour corps des agents et jamais pour ceux des commissaires et des officiers. Car, disent-ils depuis le vote de la Loi 2009-18 du 9 mars 2009 relative au statut du personnel de la police nationale, « il y’a eu le cas de la 29ème promotion qui a été lésé comme les quatre actuelles promotions et personne ne pense à corriger les écarts dans le statut », confie Moussa Thiaw.

Et ce dernier de nous expliquer, « le préjudice concerne en général tous les ex brigadiers chefs, brigadiers et gardiens de paix déjà titulaires avant l’adoption du nouveau statut. Exemple: des brigadiers chefs 1er échelon ont été « rétrogradés » du jour au lendemain au grade de brigadier… échelon. C’est ainsi que beaucoup de fonctionnaires de la 18ème promotion, après pourtant une trentaine d’années de service, sont partis a la retraite avec le grade de brigadier. », proteste t-il.

Le retraité de conseiller au DGPN et au ministre de l’intérieur,« Cette situation n’a que trop duré et le préjudice énorme. Il ne s’agit pas de trouver des solutions conjoncturelles mais plutôt structurelles autrement, cette levée de boucliers des agents oubliés se répètera dans quelques années ».

Atlanticactu.com