
Endeuillé par la disparition de son leader Balla Sidibé, le groupe afro-cubain, plusieurs fois porté disparu, réédite l’excellent “Specialist in All Styles”. Retour en cinq morceaux sur une résurrection sans fin.
Sorti en 2002 à l’origine et aujourd’hui édité pour la première fois en vinyle, Specialist in All Styles est pour l’Orchestra Baobab l’album de l’éternelle résurrection : celle d’un Groupe sénégalais de légende coulé par le m’balax au milieu des années 80, rené quinze ans plus tard, et qui aura survécu aux traversées du désert, au Covid et même, probablement, à la mort de son leader, le regretté Balla Sidibé, le 29 juillet dernier. Si bien que cinquante ans après sa formation sur la scène du club éponyme à Dakar, où sa fusion afro-latine a fait guincher toute l’élite du pays, le « Bao » est toujours debout.
« Le Baobab, ce n’est pas un, mais plusieurs chanteurs d’exception issus d’ethnies différentes, des fortes personnalités qui ont créé, dans le melting pot d’une ville portuaire, un son syncrétique unique, à la fois cubain, mandingue, wolof, porté par un swing fluide et une section rythmique de rêve », résume le producteur anglais Nick Gold. L’artisan de sa renaissance, c’est lui, un expert en musiciens vétérans, qui avait déjà joué les bonnes fées pour le Buena Vista Social Club.
Tombé par hasard sur une compilation, le patron du label World Circuit n’a eu de cesse par la suite de reformer l’orchestre. « Pendant des mois, nous nous sommes écrit des lettres (de vraies lettres !) avec Balla Sidibé, mais je n’ai pas eu besoin de beaucoup le forcer. » Depuis, le producteur a édité quatre albums et n’exclut pas d’en sortir un autre à l’avenir. Avec lui, nous avons remonté le fil de cette épopée hors normes, en cinq chansons culte, qui disent mieux que les mots le pouvoir sorcier du Baobab.




![Liban: les pénuries d’essence continuent et entraînent des files d’attente monstres Malgré les promesses du gouvernement, la fin progressive des subventions qui maintenaient le sans plomb et le diesel à un prix huit fois inférieur au marché n’a pour l’instant pas l’effet escompté. Les files d’attente devant les stations continuent, et beaucoup de pompes restent fermées ce mercredi 30 juin. PUBLICITÉ Avec notre correspondant à Beyrouth, Noé Pignède En plein centre-ville de Beyrouth, une file d’attente de plusieurs kilomètres s'est formée pour faire le plein. Les Libanais excédés désespèrent d’avoir de l’essence. « Les stations-services ont du pétrole mais elles l'ont gardé ces derniers jours parce qu'elles attendaient l'annonce officielle qui disait que le prix de l'essence allait augmenter progressivement chaque jour, explique Yara, qui se bat depuis trois heures pour ne pas perdre sa place dans la file d'attente. Ils ont augmenté aujourd'hui de 50%. Évidemment si je me mets à leur place et que je suis fourbe, je me dis : "Qu'est ce que je m'en fiche du peuple ? Pourquoi ne pas me faire 50% en 24h ? Je garde, qu'il crèvent, qu'ils n'aient pas d'essence, ils reviendront comme des petits chiens à attendre et mendier !"... Et ça ce n'est que le début ! » Ce n'est que le début, car dans trois mois, avec l’arrêt des subventions, un plein d’essence devrait coûter 600 000 livres libanaises, soit 80% du salaire minimum mensuel. Petite corruption En plus de l’augmentation des prix, les Libanais font toujours face à de grosses limitations du nombre de litres par voiture : tout est rationné. Mais pour cela, Yara, qui doit faire plusieurs centaines de kilomètres aujourd’hui pour son travail, a trouvé la parade. « Ce que je vais faire, et c'est horrible, je vais le supplier [le pompiste, NDR] de me remplir deux fois la limite en lui glissant quelque chose sous la manche, sous la table... Si vous croyez que je suis la seule... Je déteste ça dans ce pays, mais voilà ce que je suis devenue », déplore la jeune femme. Une petite corruption à laquelle se livrent désormais tous ceux qui en ont les moyens. Pour les autres, se déplacer va devenir un luxe, dans un pays quasiment dépourvu de transports publics.](https://actuvision.com/wp-content/uploads/2021/06/liban-218x150.jpg)







