Prévalence de la maladie rénale au Sénégal : 1 510 patients en attente de dialyse

Prévalence de la maladie rénale au Sénégal : 1 510 patients en attente de dialyse

La célébration de la Journée mondiale du Rein a permis aux autorités sanitaires, de faire le point sur la situation et au Pr. Abdoul Niang, président de la Société sénégalaise de néphrologie, dialyse et transplantation (Sosendt), de faire des recommandations pour lutter contre cette maladie.
La ville de Pikine a abrité, hier, la célébration de la Journée mondiale du Rein sur le thème ‘’La santé rénale pour tous – Améliorer les connaissances pour un meilleur traitement des maladies rénales’’. Abordant le thème, le Directeur de Cabinet du ministre de la Santé et de l’Action sociale a fait cas de la nécessité de renforcer la prévention et la prise en charge adéquate. Selon Alphonse Thiaw, c’est un gage d’une lutte efficace contre ce fléau. Il faut aussi un fort plaidoyer pour les patients, les professionnels de santé et la communauté.

Au Sénégal, renseigne-t-il, les données hospitalières de 2021 font état d’une cohorte de 742 patients suivis, avec un taux d’enrôlement de 10 % et une létalité de 12 %. Cependant, le problème reste entier, avec 1 510 patients en attente de dialyse. Les affections rénales, même si elles sont le plus souvent silencieuses, précise-t-il, peuvent être détectées et leur évolution ralentie, voire stoppée par des médicaments et des règles hygiéno-diététiques simples.

Afin de faire face à la situation préoccupante de la pathologie rénale, le ministère de la Santé et de l’Action sociale a entrepris plusieurs mesures. Il s’agit, selon M. Thiaw, de l’amélioration de l’accessibilité des centres de dialyse, puisqu’il existe au moins un centre dans presque toutes les régions. Le nombre de centres de dialyse publique est passé de 2 à 23, entre 2010 et 2021. La gratuité totale de la dialyse dans le service public devenue également une réalité, depuis 2013, faisant passer le budget pour l’achat des kits de 2,7 à 5,2 milliards FCfa ; la signature de conventions entre l’Etat et les centres privés de dialyse qui a permis de renforcer l’offre de soins et le déploiement de ressources humaines de qualité dans les centres de dialyse, notamment avec le projet Investir dans la santé de la mère et de l’adolescent (ISMEA).

En outre, poursuit-il, il y a eu le recrutement, en 2022, de 30 prestataires pour leur formation en Master de suppléance rénale.

‘’Cependant, le ministère est conscient qu’à côté de la mise en place d’infrastructures, il est important d’assurer la prise en charge correcte de certaines maladies non-transmissibles, qui ont comme complication l’insuffisance rénale chronique. C’est ainsi qu’un plan de communication et de renforcement de capacités des prestataires de santé a été élaboré pour une prise en charge correcte des malades. La loi sur le don d’organes a permis d’encadrer les défis éthiques et réglementaires de cette activité très prometteuse, seul vrai traitement à long terme de l’insuffisance rénale terminale‘’, déclare le Directeur de Cabinet d’Abdoulaye Diouf Sarr.

‘’C’est aussi l’assurance d’un don libre, éclairé, gratuit et sans contraintes. Ainsi, en plus des efforts dans le domaine de la dialyse, la transplantation rénale est en cours de mise en place. L’arrêté portant sur l’octroi, la suspension et le retrait d’agrément des établissements publics de santé pour la transplantation rénale avec donneur vivant, élaboré par l’organe de régulation qu’est le Conseil national de don et transplantation (CNDT) en cours de signature, va permettre d’impulser la rapide fonctionnalité de cette activité’’, a-t-il ajouté.

Les recommandations du Pr. Abdoul Niang

A la suite de M. Alphonse Thiaw, le président de la Société sénégalaise de néphrologie, dialyse et transplantation (Sosendt), a indiqué que les autorités politiques doivent informer de l’impact des maladies rénales sur la santé des citoyens et de la charge qu’elles représentent pour les budgets et les systèmes de santé, afin d’encourager l’adoption de politique et l’allocation de ressources permettant de lutter contre la charge globale que représentent les maladies rénales et d’assurer le bien-être des personnes atteintes de ces maladies.

Ainsi, le Pr. Abdoul Niang a formulé des recommandations. A l’endroit des autorités, il souhaite la mise en place d’un Programme national de lutte contre la maladie rénale, qui prendrait en charge tous les aspects, de la prévention au traitement.

Pour les néphrologues, il veut une augmentation de l’offre de formation du personnel de santé pour le dépistage et la prise en charge de la maladie rénale.

Chez les populations, il milite pour une adoption d’une alimentation et de modes de vie sains, afin de garantir une bonne santé rénale, de préserver plus longtemps les fonctions rénales chez les personnes atteintes d’insuffisance rénale.

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