«Quitter la Russie», une recherche qui explose sur internet

«Quitter la Russie», une recherche qui explose sur internet

L’annonce d’une mobilisation de 300 000 personnes avec une formation militaire a poussé de nombreux internautes russes à trouver un moyen pour échapper à l’appel des autorités de Moscou. Les phrases « Comment se casser un bras » et « Quitter la Russie » connaissent toutes deux, depuis la soirée du 20 septembre, une explosion des recherches en ligne.

L’application Google Trends, qui mesure les pics de recherches des internautes effectuées sur son moteur en langue russe, indique que les requêtes pour échapper à la mobilisation, voire quitter le pays, ont bondi depuis la soirée du 20 septembre. Ces recherches ont été au plus haut quelques heures après le discours de Vladimir Poutine, entre minuit et 4 heures du matin, avec notamment la phrase « Comment se casser un bras » postée par des internautes désespérés, afin d’échapper à « l’ordre de mobilisation ».

Ces recherches ne sont toutefois pas au niveau du mois de mars dernier, quelques jours après l’annonce de l’invasion de l’Ukraine. La requête « Quitter la Russie » avait alors connu un pic record sur le Google russe. Sur Yandex, le moteur de recherche officiel du pays, la même requête connaît actuellement une activité stable depuis le 21 septembre.

Une mobilisation palpable sur les messageries cryptées
Les mesures de l’activité sur ces plates-formes entièrement régentées par les autorités du Kremlin ne sont évidemment pas le meilleur indicateur qui soit. L’inquiétude suscitée par cet appel à la mobilisation est, en revanche, plus palpable sur les messageries cryptées. L’envolée des interrogations se référant aux termes « partir ou se mutiler » tels que le révèle l’application Google Trends a été partagée sur le fil Telegram des dissidents russes du média Mozhem Obyasnit.

Plusieurs messages sur Telegram attestent aussi de l’angoisse des internautes craignant d’être enrôlés de force dans l’armée. Un jeune étudiant a, par exemple, publié la photo d’un document nommé « ordre de mobilisation » délivré après son passage obligatoire dans un bureau de service militaire. Le jeune homme redoutait d’être engagé de force dans l’armée si la loi martiale était décrétée. En vain, le Parlement russe vient en effet d’approuver par amendement la mobilisation partielle, indiquant que « les personnes appelées à suivre une formation militaire à partir de la réserve, seront pénalement responsables en cas de non-comparution ou d’abandon non autorisé du service. »

Des vols pour Istanbul, Tbilisi ou Erevan complets
Autre signe de cette inquiétude, le prix des billets d’avion pour des pays frontaliers de la Russie ont explosé. L’unique place entre Moscou et Istanbul encore disponible hier, sur un site de réservation, était à 2 700 euros l’aller simple. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, les billets s’arrachent à prix d’or et tous les vols pour quitter le territoire affichent complets.

S’il n’existe pas de données officielles sur la réalité de l’exode parmi les 300 000 mobilisés de la Russie, le FSB, le Service fédéral de sécurité, estime que pratiquement 4 millions de personnes ont choisi de quitter leur pays au cours des trois premiers mois de l’année 2022. rfi

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