Wall Street, lestée par Apple, termine en ordre dispersé

La Bourse de New York a terminé en ordre dispersé mardi au retour d’un week-end prolongé, alors qu’Apple est devenue la première entreprise majeure à prévenir officiellement que l’épidémie du nouveau coronavirus allait affecter ses ventes.

L’indice vedette de Wall Street, le Dow Jones Industrial Average, a reculé de 0,56% pour finir à 29.232,19 points et le S&P 500, qui représente les 500 plus grandes entreprises de Wall Street, a lâché 0,29%, à 3.370,29 points.

Profitant d’un rebond en deuxième partie de séance, le Nasdaq, à forte coloration technologique, a grignoté 0,02% pour terminer à 9.732,74 points, signant au passage un nouveau record.

« La grosse information du jour était bien évidemment (l’avertissement sur résultats) d’Apple et tout ce qu’il implique » sur l’ampleur des conséquences économiques de la crise provoquée par l’épidémie du nouveau coronavirus, remarque Karl Haeling, de LBBW.

« Tout cela reste très flou » mais les investisseurs « se demandent si l’économie chinoise ne va pas redémarrer plus lentement que prévu jusqu’ici par le marché des actions », ajoute l’expert.

Apple a précisément prévenu lundi qu’il n’atteindrait pas ses objectifs de ventes en raison de l’épidémie de coronavirus apparue en Chine, où l’entreprise compte de nombreuses usines de production et réalise une partie importante de son chiffre d’affaires.

La marque à la pomme a évoqué à la fois des difficultés d’approvisionnement en iPhones fabriqués en Chine et une demande en berne pour ses produits du fait de la fermeture temporaire de ses magasins dans le pays.

L’avertissement sur résultat émis par Apple « n’est pas en soi un grande surprise mais le fait de l’annoncer aussi tôt suggère peut-être que l’ampleur du problème est plus important qu’imaginé », souligne M. Haeling.

Illustrant les difficultés rencontrées par les entreprises étrangères, une enquête de la Chambre de commerce américaine de Shanghai a par ailleurs montré que les deux tiers des 109 entreprises américaines installées dans l’est de la Chine avaient, certes, repris une production manufacturière mais que 78% d’entre elles n’avaient pas assez d’ouvriers pour faire tourner normalement leurs lignes de production.

« Le virus pourrait également toucher les revenus d’autres sociétés. Nous devons attendre pour voir comment cela se passe, en surveillant particulièrement le secteur des fabricants de puces », avance JJ Kinahan, de TDAmeritrade. « Ce n’est pas encore le moment d’appuyer sur le bouton panique », estime-t-il toutefois.

– Macy’s en investissement spéculatif –

Pour l’expert, les résultats inférieurs aux attentes du géant de la distribution Walmart ont aussi pu peser sur l’état d’esprit des courtiers. Le groupe les a imputés à des ventes de jouets et de vêtements moins bonnes qu’attendu lors de la période cruciale des fêtes de fin d’année et aux troubles politiques au Chili.

Certains observateurs avaient déjà toutefois prévenu que l’hiver doux aux Etats-Unis allait avoir des conséquences négatives sur les ventes des groupes de la distribution. Walmart a toutefois terminé en hausse de 1,48%.

L’enseigne, qui dispose d’une chaîne d’approvisionnement importante en Chine, a par ailleurs fait savoir qu’elle n’avait pas encore pu estimer l’impact financier de l’épidémie du nouveau coronavirus.

Parmi les autres valeurs du jour, Dell a reculé de 0,21% après la confirmation de la vente de sa société spécialisée en cyber-sécurité RSA pour 2,1 milliards de dollars.

La société de gestions d’actifs américaine Franklin Templeton, qui a annoncé mardi racheter pour 6,5 milliards de dollars (dette comprise) sa concurrente et compatriote Legg Mason (+24,41%) afin de créer un mastodonte du secteur gérant pour plus de 1.500 milliards de dollars d’avoirs, a bondi de 6,94%.

La chaîne de grands magasin Macy’s a chuté de 3,60% alors que l’agence de notation S&P Global Ratings a relégué dans la catégorie des investissements spéculatifs la note de solidité financière du groupe.

Les opérateurs de téléphonie mobile T-Mobile US et Sprint se sont appréciés respectivement de 3,52% et 5,52%. La procureure générale de l’Etat de New York Letitia James a indiqué dimanche qu’elle ne ferait pas appel de la décision d’un juge fédéral ayant estimé que la fusion des deux groupes ne portait pas atteinte à la concurrence.

Sur le marché obligataire, les investisseurs choisissaient la prudence. Signe d’un intérêt accru, le taux à 10 ans sur la dette américaine a reculé et évoluait vers 21H40 GMT à 1,558%, contre 1,585% vendredi à la clôture.

Nasdaq