Attentat Grand Bassam : Jugés à Dakar, 2 présumés terroristes risquent 7 ans de prison

L’attentat survenu, le 13 mars 2016, dans un quartier touristique de la station balnéaire ivoirienne de Grand-Bassam, en Côte d’Ivoire, s’est invité hier, lundi 22 mars, à la barre de Chambre criminelle spéciale du Tribunal de grande instance hors classe de Dakar. Des personnes arrêtées dans cette enquête ont fait face aux juges.

Sina Ould Sidy Mouhamed, né en 1974 à Tombouctou au Mali, commerçant à Bamako, sans adresse à Dakar, soutient avoir été de passage au Sénégal et logeait chez un ami au moment de son arrestation.

Dénégations…

Détenu et poursuivi pour association de malfaiteurs, financement du terrorisme, il a nié les faits. “Je ne suis pas ce genre et je ne suis associé à aucune personne et je ne suis pas un malfaiteur”, s’est-il défendu. “Je suis un citoyen qui aime son pays, le Mali. On est en train de me mêler aux attaques du Grand-Bassam, en Côte d’Ivoire, alors que je ne connais même pas ce pays”, poursuit Sina Ould Sidy Mouhamed qui soutient n’avoir rencontré son co-accusé que pour récupérer une somme d’argent à lui envoyée. “J’ai rencontré Niangalou le 23 janvier 2017 et j’étais dans son bureau pour prendre de l’argent (57 millions). Je ne l’ai jamais rencontré et je ne suis jamais allé chez lui”, s’est-il défendu.

L’argent était pour un certain Boubacar Sylla qu’il soutient avoir connu par l’intermédiaire d’un ami établi en Espagne. Il dit n’avoir plus les traces de ce dernier, lui rappelle le président de la chambre criminelle spéciale, Maguette Diop, Boubacar Sylla aurait pris la fuite ! Sina Ould Sidy Mouhamed a effectué des visites répétitives à Tombouctou.

Sur une interrogation du Procureur relative à ces voyages, il a répondu : “Tombouctou, une ville sainte. Je me rendais là-bas avant les casses et chaque vendredi. À part Tombouctou, j’ai été à Niamey, à Ouaga et au Niger”. Et le parquetier de rappeler à l’accusé que les zones visitées font souvent l’objet d’attaques terroristes. Boubacar Niangalou, un commerçant malien âgé de 44 ans et demeurant à la Cité Asecna, a lui aussi, comparu dans le cadre de cette procédure. Des faux documents de commerce ont été découverts par devers lui. Il y était mentionné le nom de Boubacar Niang. Sur la base d’un faux extrait de naissance, il a pu se faire une Carte nationale d’identité sénégalaise à ce nom.

7 ans de prisons requis

Contrairement à Sina Sidy Ould Mouhamed, Boubacar Niangalou ne récuse pas l’affinité qu’il y a entre eux deux. Boubacar Niangalou a ouvert 16 comptes bancaires dont certains aux noms de ses enfants mineurs. “C’est mon gestionnaire qui m’a demandé de le faire pour leur avenir. Il dit que les comptes sont alimentés“, dit l’accusé. Après avoir demandé la requalification de l’association de malfaiteurs en apologie de terrorisme, le Procureur a sollicité qu’une peine de 7 ans de prison soit infligée aux deux prévenus. Le délibéré est fixé pour le 29 avril prochain.

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